Nathan CAPPEL : l’inoubliable oublie

Je me suis retrouvée face à un vrai — et douloureux — problème avec Nathan. Je ne savais pas quoi en faire. Je m’explique.

Lorsque j’ai commencé Bâti et déconfiture, il me fallait un représentant des forces de l’ordre. Un professionnel des scènes sanglantes et du code pénal, ne serait-ce que pour crédibiliser l’intrigue.

Or, dans la vraie vie, si vous découvrez un cadavre, il y a peu de chances qu’un capitaine de police débarque dans votre deux-pièces pour discuter tranquillement de « qui est l’assassin ». Ce n’est pas parce que j’écris du cosy mystery que je dois être complètement hors sol.

D’ailleurs, ces policiers (souvent anglais) complètement loufoques et, la plupart du temps, incompétents m’agacent profondément.

Ainsi, dans Bâti et déconfiture, Nathan Cappel et mon héroïne, Lucie, ne se parlent pas… Au point même que Lucie l’a oublié. Ce qui est, vous en conviendrez, légèrement fâcheux.

Je voulais donc un policier crédible. Que la Police nationale me pardonne !… Nathan l’est. Dans son genre. Disons que je connais pire — et je ne citerai personne.

Contrairement à Jeanne, son rôle n’était pas d’être un personnage « passe-plat ». Il devait être actif, exister, discuter, pinailler, renifler, râler, ronchonner, piquer… et avoir une opinion.

Or, comment faire tout cela sans le faire parler avec l’héroïne principale ? Je n’ai pas trouvé la solution.

Nathan Cappel est donc apparu, à l’insu de mon plein gré, comme un personnage cantonné à son rôle de policier. Et c’est tout. Enfin… presque.

Je dois bien l’avouer : je n’ai pas réussi à en faire autre chose qu’un policier, malgré tous ses galons, son équipe et son bureau.

Il mène l’enquête, va à gauche, à droite, se trompe royalement, revient sur ses pas… et finit, malgré lui, par parler avec Lucie. Je le lui avais pourtant vivement conseillé, mais que voulez-vous : il n’en a fait qu’à sa tête.

Ainsi, dans Bâti et déconfiture, Nathan Cappel est bien le policier que l’on attend dans un roman policier.

Ce n’est que dans le roman suivant, Cotillons et taffetas, qu’il commencera à prendre un peu d’épaisseur. Un peu d’humanité dans ce monde de brutes.

Et peut-être — je dis bien peut-être — qu’à ce moment-là, il deviendra enfin intéressant…
À moins qu’un autre ne lui chippe le premier rôle.

Que voulez-vous, je suis de nature fantasque.

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