Pourquoi le Cosy Mystery ?

Je reprends ici un sujet que j’ai déjà évoqué il y a quelques semaines dans cet article . Si j’explique en quoi le Cosy Mystery est un genre agréable à lire et à construire, je ne vous ai pas expliqué pourquoi j’ai choisi d’écrire ce genre.

Je n’ai pas lu que du cosy mystery dans ma vie. Je suis une grande lectrice, et le livre occupe une place essentielle dans mon quotidien.

Bien sûr, dès l’enfance, j’ai dévoré les Alice (Nancy Drew pour les connaisseuses), Le Club des Cinq, Le Clan des Sept… Puis sont venus des auteurs comme l’incontournable Agatha Christie, mais aussi Patricia Wentworth avec son personnage de Maud Silver, ou encore Mary Higgins Clark.

J’ai également lu des romans policiers plus sombres, parfois dérangeants. Dès mes douze ans, par exemple, je lisais les fameux San Antonio, toujours aussi difficiles à classer. J’ai exploré la fantasy, la science-fiction, le roman historique, les biographies, les classiques… et même, parfois, des dictionnaires.

Tout cela pour dire que ce que j’écris ne correspond pas nécessairement à tout ce que je lis ou ai lu.

L’acte d’écrire n’a rien à voir avec l’acte de lire. Écrire demande de la rigueur, un travail sur soi, et une certaine lucidité sur ses qualités comme sur ses limites. Lire n’exige pas autant – fort heureusement pour l’industrie du livre.

Écrire, c’est aussi se poser une question essentielle : quelle histoire souhaite-t-on porter ? Je veux dire, par là, quelle histoire accepterait-on qu’elle nous accompagne du matin au soir ? Nous sommes tous capables d’imaginer des histoires. Mais nous ne pouvons pas toutes les accepter, ni toutes les transmettre.

Écrire du cosy mystery, c’est reconnaître la part d’ombre que nous portons en nous, comme celle de l’humanité. Écrire des crimes n’est jamais anodin. Pourtant, ce type de roman choisit de ne pas s’y abandonner. Il s’approche de l’obscurité… sans jamais s’y perdre.

Le cosy mystery entoure le pire d’un écrin de douceur : une ambiance chaleureuse, des lieux familiers, des personnages auxquels on s’attache. C’est là tout son paradoxe.

Je suis, sans doute, capable d’écrire des romans policiers plus sombres, avec leur lot de drames humains, de violence et d’ombres profondes. Mais je ne souhaite pas porter ce type d’histoires avec moi.

Car, voyez-vous, au-delà de l’écriture, les personnages vous accompagnent. Partout.

Et ceux-là… je ne voulais pas les emmener avec moi.

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