Définir une victime est une chose… mais choisir un coupable en est une autre. Croyez-moi sur parole !
Lorsque je débute un scénario, soit je n’ai aucun coupable sous la main, soit j’en ai plusieurs… Autant dire que je commence souvent à écrire comme vous : sans savoir qui est l’assassin.
Certes, cela permet, techniquement, d’obtenir une intrigue plus intéressante, plus complexe…
Ce jour-là, un samedi après-midi pluvieux, je me suis installée à ma table d’écriture pour rédiger un chapitre de Bâti et déconfiture. J’avais enfin le nom du coupable… et toutes les pistes menaient à lui. Je n’en démordais pas.
Me voilà donc à construire les dialogues, à vérifier les indices pour éviter toute contradiction… pendant que Lucie range tranquillement un rayon en discutant avec Nathan. Pour une fois qu’ils se parlent, croyez-moi, je suis restée attentive.
Sauf que voilà. Ce n’était pas lui.
Mon personnage — je veux dire Lucie — a complètement chamboulé mes plans pourtant parfaitement établis.
Mon assassin n’en était plus un.
Et, à cet instant précis, j’ai compris que ce n’était plus moi qui menais l’enquête.


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