Faut-il vraiment des meurtres dans le cosy mystery ?

Faut-il vraiment un cadavre pour raconter une bonne histoire ?

Dans le cosy mystery, la réponse semble évidente : oui. C’est un sous-genre du roman policier. Donc, par définition, il y a – en principe – un ou plusieurs meurtres. Certes, ils ne sont ni très sanglants ni particulièrement techniques… On y meurt plus souvent empoisonné ou à la suite d’une mauvaise chute qu’autre chose. Bref, des morts “propres”, en quelque sorte.

Cependant, en venant de terminer et de publier Bâti et déconfiture, en commençant l’écriture du second roman – Cotillons et taffetas – et en travaillant déjà sur les neuf scénarios suivants (mais cela, j’y reviendrai dans d’autres articles, réservés aux abonnés… donc n’hésitez pas), une question m’est venue, presque brutalement :

Pourquoi faut-il forcément tuer quelqu’un ?

Après tout, personne ne m’y oblige. Et, quoi qu’on en dise, un cadavre… c’est encombrant.
Il existe d’autres intrigues qui peuvent donner lieu à des enquêtes complexes et passionnantes : un vol, une disparition… ou même une simple agression.

Je dis cela de manière parfaitement égoïste. En effet, après avoir posé les bases d’un scénario, j’établis la liste des protagonistes : je leur trouve un nom, un prénom, une activité, une raison d’être dans le roman… puis, au milieu de cette galerie, je dois désigner celui ou celle qui sera tué.

Or, entre le moment où je dresse cette liste et celui où je choisis la victime, je me suis — assez sottement — attachée à eux. Et je n’ai plus envie qu’ils meurent.

J’ai donc exploré d’autres pistes dans mes scénarios. Dans Bâti et déconfiture, il y a bien un meurtre – je rassure les puristes du genre -mais il m’a semblé moins complexe à élucider que la véritable question de fond : qui a été tué ?

Car, en réalité, le problème n’est pas que Lucie découvre un cadavre… mais que l’on ne sait plus vraiment qui est qui.

Une légère touche de fantastique affleure également, à travers l’évocation d’un événement troublant. Mais, au fond, le véritable mystère ne réside-t-il pas dans ce qui ne se résout pas complètement ?

Voilà, je vous le dis comme cela me vient : j’aimerais un jour écrire un cosy mystery sans meurtre… et qu’il soit tout aussi passionnant qu’un autre.

C’est là mon ambition.

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